La Bourse de Paris va chercher des moyens de rebondir

17 mars 2014

Paru sur Boursorama.com

 

A l’ombre de la crise ukrainienne et de son lot de volatilité, l’enjeu pour la Bourse de Paris la semaine prochaine sera de trouver comment rebondir, sans indicateur de premier plan à l’agenda. Au cours de la semaine écoulée, l’indice CAC 40 a reculé de 0,95% pour terminer vendredi à 4.366,42 points. Ses gains depuis le 1er janvier atteignent désormais 1,64%. Ce programme macroéconomique clairsemé couplé aux inquiétudes persistantes liées à la crise en Ukraine, pourraient occasionner quelques perturbations dans l’évolution de l’indice, malgré une tendance de fond actuellement plutôt optimiste. « L’agenda de la semaine prochaine est plus léger et du coup la place parisienne pourrait être davantage guidée par la géopolitique », souligne Renaud Murail, un gérant de Barclays Bourse. Selon lui, les différents rebondissements « entre la Russie et les Occidentaux pourraient servir de prétexte à une temporisation et à des prises de bénéfices, sans remettre en cause le mouvement de fond à l’achat ». « Faute de carburant supplémentaire, la Bourse de Paris pourrait traverser une phase de consolidation technique de faible ampleur, car le marché est beaucoup monté ces dernières semaines et cela va être dur aller plus haut », estime également Guillaume Garabédian, un conseiller de gestion de Meeschaert Gestion Privée. Et ce, d’autant plus que « les publications importantes sont dernière nous et la tension géopolitique actuelle peut faire un peu fléchir le marché », ajoute-t-il. Parmi les quelque publications attendues figurent la production industrielle en zone euro pour janvier, les ventes de détails aux États-Unis en février ou encore le produit intérieur brut en Italie, au Portugal ou en Grèce.

La semaine débutera aussi par la réunion des ministres des Finances de la zone euro lundi puis de ceux de l’ensemble de l’Union européenne mardi. « Dans la zone euro, les ministres des Finances auront besoin la semaine prochaine, non seulement de parler de l’Ukraine, mais également de la santé économique » des pays les plus fragiles et notamment la Grèce, observe le bancassureur ING. D’après lui, « les débats sur une troisième tranche de prêts pour la Grèce pourraient constituer un moment fort », alors que la troïka des créanciers, UE, BCE et FMI est actuellement à Athènes pour effectuer un audit très difficile des finances publiques de la Grèce en vue du déblocage de cette nouvelle tranche. Avec le référendum sur la Crimée annoncé pour le dimanche 16 mars, le dossier ukrainien « va rester une épée de Damoclès et devrait marquer encore les prochaines semaines », juge aussi M. Murail. Cette crise a profondément déstabilisé la cote lundi qui a clôturé sur un recul de 2,66% mais ensuite « les investisseurs se sont vite rendus compte qu’il en faudrait plus pour déstabiliser la reprise économique et la géopolitique a été oubliée » pour un temps, selon M. Murail. Le lendemain, l’indice CAC 40 a de fait rebondi de 2,45% et les investisseurs sont revenus à leurs préoccupations antérieures, à savoir la réunion de la Banque centrale européenne et la publication des chiffres de l’emploi américain. Même si les places boursières ont été un peu déçues que le président de la BCE n’annonce aucun geste supplémentaire, la nouvelle a été vite digérée. Et la hausse surprise des créations d’emplois en février a même permis à l’indice de battre son record à la hausse en séance à 4.432,5 points.

Mais preuve de la pression toujours prégnante de cette crise, les menaces vendredi de Gazprom d’interrompre ses exportations de gaz à l’Ukraine ont fait trébucher la place de 1,15% juste avant la fin de la séance. Et comme le souligne Andrea Tuéni, analyste de Saxo Banque, « cette situation va maintenir la place en alerte ».

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